Partager l'article ! PROCRASTINATION (enfin!): du sûr & de l'hypothèse...: Procrastination: tendance pathologique à remettre systématiquement au lendem ...
Réflexions, hypothèses, dess(e)ins du Flou, outils & apories...
MODE D'EMPLOI: Ce blog présente des PROBLÉMATIQUES, qui traversent le champ de la PSYCHOLOGIE CLINIQUE appliquée à l'ÉPISTÉMOLOGIE, aux THÉRAPIES, à la DYNAMIQUE DES GROUPES et... à la (RE)LECTURE DE TEXTES "éculés".
Mes étudiants y retrouveront des questionnements schématiques mais féconds, des "pense-bêtes", des bréviaires, des "garde-fous", des boussoles, une axiomatique sommaire...
Les autres butineront dans cette espagnole auberge de quoi penser s'indigner s'interroger flâner survoler zapper conspuer...
Les CRITIQUES, REMARQUES, AJOUTS, PROPOSITIONS ALTERNATIVES, DEMANDES DE PRÉCISIONS, ... ET MÊME LES PROPOS COMMINATOIRES SONT LES BIENVENUS: USEZ DES COMMENTAIRES ET DES NEWLETTERS POUR CRÉER LIENS, NOEUDS ET TRESSES.
À BIENTÔT DE VOUS LIRE.
Jean-Pierre BÉNAT
PS.Un exemple de schème décalé: pensez "la" phrase shakespearienne avec une autre ponctuation,
"TO BE OR NOT, TO BE, THAT IS THE QUESTION"
À méditer, n'est-il pas?
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Procrastination: tendance pathologique à remettre systématiquement au lendemain quelques actions, qu’elles soient limitées à un domaine précis de la vie quotidienne ou non. Le « retardataire chronique », appelé procrastinateur, n’arrive pas à se « mettre au travail », et remet à plus tard cela même qu'il dit devoir faire "incessamment sous peu"
1 ANALYSE « PREMIÈRE »
Profil:
– Cette tendance affecte particulièrement des personnes habituées à réussir les épreuves avec aisance et à être reconnues pour leur réussite (NARCISSISATION VIA LE « PERFORMATIF »). Des familles ayant des attentes démesurées (compensation de leurs propre insatisfaction et/ou projection de leur propre imago) et/ou mêlant signifiants d'AMOUR et d'ADMIRATION, prédisposent à ce problème.
Ces personnes ont intériorisé des valeurs de « perfectionnisme », ce qui exclue les essais et erreurs considérés comme des FAILLES
Elles sont souvent « activistes » (frénésie quasi boulimique d’activités socialement et familialement valorisées : tout est présenté comme si ces tâches engendraient une DETTE chez les autres membres de la famille ou du groupe, stigmatisés comme « non agissants », « paresseux », « égoïstes »), ce qui est PARADOXAL: elle sont « affairées », auto-submergées de tâches « réussies » et « parlées », mais... procrastinent d'autres, comme un inaccessible Graal, remis à l'extrême limite (CE QUI DANS LE DISCOURS EN VALORISERA LA RÉALISATION...)
Elles ont dans ce retard permanent un sentiment ambivalent: délices de la paresse ET mauvaise conscience d'être « rebelles » à la Raison et/ou au règlement, voire à la Loi. Serait-ce pour certains l'UNIQUE manière de dire « NON » à un système d'injonctions trop bien verrouillé?
Étiologie:
– comportements dépressifs, liés à une image narcissique uniquement étayée sur le PERFORMATIF
– incapacité à agir sur son monde (pas ou peu de négociation, obligation de « donner des gages de vassalité »)
– longue habitude de « censurer en AMONT » ses propres désirs, pour se construire « en miroir » avec les demandes d'autrui, éviter le conflit, quitte à se trahir soi-même. En ce sens, la PROCRASTINATION apparaît comme un « retour du refoulé », CATHARSIS (plus ou moins efficace...) d'un REFUS DÉNIÉ: j'affirme « OUI! » et je pense, je sens un immense « NON! ».
– difficultés à avoir un niveau suffisant d'EXCITATION , les tâches étant effectuées quasi mécaniquement (personnes instrumentalisées, très bien « entraînées » / « dressées »), dans des protocoles ô combien sus): la procrastination crée une PSEUDO-EXCITATION, en accroissant le risque d'échec: la réalisation, incapable d'être valorisée « EN SOI », se trouve survalorisée par les conditions (exogènes à elle) qui entourent sa mise en oeuvre. (NB l'expression péjorative: « C'EST TROP FACILE » exprime le même processus: une action est d'autant plus valorisée et « belle » qu'il a fallu « en baver » pour la réaliser..... Approche névrotique encore accrue dans l'idéologie judéo-chrétienne!)
– habitude à « se couvrir »: l' « excuse » permet d'expliquer une « non réalisation »: tout se passe comme si tout acte DEVAIT être soumis à une « figure du Commandeur » dont l'avis et l'évaluation concernerait non seulement l'ACTE mais l'ACTEUR, frappé d'admiration ou d'opprobre « en sus » de son acte.
– habitude quasi « magique » à rendre IMPROBABLE ce qui est à faire: à la lisière de l'IMPOSSIBLE, la personne met en branle des solutions extrêmes (densité, intensité du travail, comme une TRANSE) induites par l'URGENCE.
– peur de l'ÉCHEC, peur de la RÉUSSITE: ces éléments, souvent cités, me paraissent ERRONÉS: dans les Faits, la PROCRASTINATION concerne des tâches aisées, banales, « molles », inodores... Cela dit, pourquoi pas....
2 ANALYSE APPROFONDIE (HYPOTHÈSES À CREUSER!...)
– difficultés à se « penser AUTRE »: une fois les tâches prévues accomplies, qu'y a-t-il à faire? l'absence d'INDUCTION, de PROTOCOLE, DE PLANIFICATION crée un insupportable vide: les personnes habituées aux seuls raisonnements « déductifs » (et/ou « par itérations » risquent de se trouver perdues (déréliction, déshérence ) s'il faut improviser (INDUCTION, HEURISTIQUE) ou observer le « hasard », l'INOPINÉ (SÉRENDIPITÉ), bref, AGIR SANS (RE)PÈRE dans un monde NON-MAÎTRISÉ
– difficultés à se percevoir comme le DÉMIURGE DE SA PROPRE HISTOIRE: en procrastinant, je me place « en deçà » des limites prévues, donc toujours, ONTOLOGIQUEMENT imparfait
– difficulté à « PASSER AU RÉEL », à l'incarnation, alors que l'IMAGINAIRE fait palpiter des « virtuels » chatoyants et séducteurs; en ce sens, le procrastinateur préserve la BEAUTÉ et la richesse du « non encore fait », virginal et pur (?)
– difficulté à penser la FAILLE comme la marque (la "Parque?" joli jeu de mot, n'est-ce pas!) du Réel: les procrastinateurs souvent fantasment un PHALLUS PARFAIT (Père/Mère/Anciens/Dieux...) toujours supérieur...
– le TEMPS, figure écrasante du PHALLUS ARCHAÏQUE (qu'il soit incarné par des figures paternelles ou maternelles importe peu!), reste pour les procrastinateurs LE REPÈRE ULTIME, exogène et intrusif: jouer avec ses limites, analogiquement, c'est reproduire le geste de l'enfant qui transgresse un interdit « pour voir » les limites.
3 STRATÉGIE?
– DIRE « NON! » de manière claire, explicite,
– mettre en place un système de NÉGOCIATION
– touver des « satisfactions SYMBOLIQUES » (JE PEINE À FAIRE, MAIS... JE ME RESSOURCE AILLEURS!)
– dissocier nettement le « MOI » de ses « PERFORMANCES »
– instaurer un espace « SYMBOLIQUE » D'IMPERFECTION (la civilisation de l'Islam impose à un fabriquant de tapis de FAIRE UN MINUSCULE DÉFAUT, imperceptible, qui dit l'IMPERFECTION de l'homme face à la PERFECTION de Dieu); par exemple: « je réussis, mais avec une petite faille, TOUJOURS -de présentation, de forme, de justesse, etc... »
– certes, KRONOS n'est pas CHRONOS (contresens pourtant assez courant!), cependant la morale du Mythe est claire: Châtrons le Temps, non pas pour faire n'importe quoi, mais pour « INTROJETER », « INCORPORER » SA PROPRE CONCEPTION, NÉGOCIÉE, ACCEPTÉE, ADOPTÉE...
CONCLUSION: VIVE LA FAILLE, LA FÊLURE, LE FLOU, l'ÉNIGMATIQUE.....